Enfants de Merimanjaka

Pour la scolarisation à Madagascar

Le Fil EDM n°25

Récit de voyage

Il y a quelques semaines, nous avons reçu une demande d’une jeune femme, Valentine, qui, de passage à Madagascar, souhaitait se rendre utile auprès d’EDM et des enfants. Miara & Gérard l’ont accuelli « a la maison » et elle a pu participer, durant plusieurs semaines à nos actions sur place.Et même donner des cours de francais !
Elle nous fait part de son expérience, de ses rencontres et de ses découvertes.
Un oeil neuf sur Merimanjaka, un coup de main.bienvenue dans cette période de rentrée des classes, et quelques photos pour visiter . . .
Un vrai moment de partage, a lire et re-lire sans modération.
Merci Valentine et à très bientôt pour de nouvelle aventures.

Marché de Noël à Langrune (14)

Pour la cinquième fois, notre association a décidé d’aider le père Noël en participant au marché de Noël de Langrune sur Mer (Calvados, 14).

Le 10 décembre 2017, salle Linglonia, à partir de 10 heures (et jusqu’à 18 heures) EDM vous proposera de l’artisanat malgache ainsi que divers autres produits . . . Pour vos cadeaux 🎅

Venez nombreux et dépensez beaucoup ! TOUS les bénéfices viendront compléter les fonds que nous attribuons aux écoles locales pour faciliter la scolarisation des élèves.


Petit récit de mes 5 semaines à Madagascar, de ma rencontre avec « EDM » et les enfants de Merimanjaka, par Valentine.

Voyager sans rencontrer l’autre, ce n’est pas voyager,
c’est se déplacer.  Alexandra David Neel.

Mon arrivée à Madagascar se fit dans un vrai bain de foule, avec une sortie d’aéroport bondée et quelque peu déroutante. Ma peau (trop) blanche trahissant sans pitié ma qualité de « vazaha », (nom donné aux blancs) je fus accueillie par autant de porteurs que de chauffeurs de taxis ou d’enfants en quête d’une pièce ou d’un gâteau. Mes hôtes m’ont recueillie à mon arrivée et nous sommes directement allés chez eux, dans la banlieue d’Antananarivo,à Merimanjaka.

20 km de l’aéroport, mais une petite heure de trajet . . . !

Après mon installation dans la maison, Gérard & Miara (ou Madame Bodo, pour les malgaches. prononcer Boude) m’informent des missions qu’ils souhaitent me confier durant mon séjour. Nos discussions sont ponctuées par le passage de parents qui viennent récupérer l’argent qui leur est attribué pour les frais d’inscription de leurs enfants.
Le calme et le confort de la maison contrastent avec l’agitation de la ville.

Dès le lendemain, nous partons en quête de fournitures scolaires dans le quartier chinois, chez les grossistes. Quartier peu sécure. Mais Bodo veille et connait bien.

Ma première sortie en ville se fait dans l’agitation des marchés de rues dont j’ai déjà eu l’expérience notamment à Yangon, au Myanmar. Les étalages et les stands sont sans limites, et il faut jouer des coudes pour se frayer un passage et apprendre à négocier.

Le but est de rester dans le budget alloué aux fournitures scolaires pour l’école. Nous repartirons avec une vingtaine de cartables, pour les plus petits comme les plus grands, et autant de trousses, achetées à la sauvette à un vendeur de rue.
De retour à la maison, nous nous attelons à remplir les cartables de toutes les fournitures achetées par Bodo. Munies des listes imposées par l’école, nous répartissons cahiers, protège-cahiers verts, bleus, rouges ou orange, stylos, règles ou crayons de couleur . . . Rien n’est laissé au hasard.

Je reçois également dans l’après-midi une jeune diplômée du baccalauréat, Annie Justine Clara, qui prépare son concours d’entrée pour la fac de droit, et qui a besoin d’un perfectionnement en français et en culture générale. Nous passons deux heures ensemble et on se fixe rendez-vous le lendemain à la même heure. C’est un exercice assez nouveau pour moi. La première étape étant d’évaluer son niveau pour déterminer la méthode la plus efficace pour l’aider.


Le jour de la rentrée des  classes

Le lendemain, réveil tôt et gros programme : c’est la rentrée scolaire !

Réveil matinal donc. Au petit déjeuner, nous apercevons au loin les petits écoliers en tenue qui se rendent à l’école en traversant les rizières.

C’est le signe qu’il nous faut partir si nous ne voulons pas manquer la levée des drapeaux solennelle de ce début d’année.

Arrivée des parents et des enfants pour la rentrée.

La traditionnelle levée des couleurs par les élèves.


La classe de Mme Marie

Je suis ensuite accueillie dans la classe de Mme Marie avec les tous petits : les pré-scolaires.
Ravie de constater que la rentrée des classes est la même partout; cris, pleurs et crises.


Des sourires & des grimaces.

J’ai le plaisir également de pousser la chansonnette en français pour un petit cours sur l’alphabet. La cantine s’organise dans la classe où nous servons les enfants qui dévorent joyeusement leur assiette de riz et de brèdes.

La semaine s’annonce donc sans école! Qu’à cela ne tienne, nous avons encore des tas de choses à préparer…Le reste de fournitures à acheter et à apporter à d’autres écoles publiquesde la commune qu’EDM à décidé d’aider, notamment Lohanosy, où je déciderai de parrainer la semaine suivante une enfant, Vanessa.

Il y a aussi les blouses à concevoir, l’organisation de la cantine scolaire, le tri des vêtements donnés pour l’association, … Nous ne sommes pas en reste.

De plus, Annie Justine vient tous les après-midi pour suivre son cours. Ce qui remplit bien mes journées.


Les vêtements triés et prêts à la distribution.

La file d’attente pour les essayages.

On ne résiste pas à la curiosité.

Nous passons une journée à Saint-Jean-Baptiste de la Salle pour distribuer la collecte de vêtements que nous avons triés au préalable par genre et âge. Les enfants défilent classe par classe en rang d’oignons toute la journée et chacun repart avec quelque chose.

Les plus chanceux se verront attribués des chaussures ou un jean, pour leur plus grand bonheur. Bodo privilégie les chaussures pour les petits qui n’ont que des tongs aux pieds ! Ou rien du tout.
Nous peinons à trouver les bonnes tailles pour tous.

Surtout pour les filles, et force est de constater que les enfants sont de bien plus petite corpulence qu’en France, ce qui ne rend pas la tâche facile.


Distribution de cartables dans une école publique de Tsilazaina.

Trois jeunes filles et trois t-shirts.

Salle de classe à Lohanosy, avec environ 70 élèves !

Les classes ici sont pas mal encombrées, et encore plus dans les écoles publiques. Certaines écoles comme Lohanosy ont trop d’élèves et pas assez de salles de classes.
Avec près de 140 élèves par section, il y a cours le matin pour 70 élèves. Et l’après-midi pour les 70 autres . . .
Et avec le même enseignant !

Mme Fidisoa, directrice et toute l’équipe de Saint-Jean-Baptiste.

Durant mon séjour, j’ai pu « faire la classe », aux côtés de Mme Claudia, rayon de soleil d’institutrice de CP, à Saint-Jean-Baptiste de la Salle. Les cours sont donné en français et en malgache.

Il sera bientôt venue l’heure pour moi de re prendre ma route ! En solo.
Nous avons tout de même le temps de passer dans les écoles remettre les frais de scolarité aux directrices, les blouses et les cartables qui manquait aux enfants.
Je profite de l’occasion pour féliciter le courage des institutrices qui nous donnent une belle leçon de patience, tout en soulignant qu’ici, le respect des adultes est tel que tous les enfants se lèvent d’un seul élan lorsque quelqu’un rentre dans la classe. Et dans le calme s’il vous plaît . . . !


Tradition malgache.

C’est en compagnie de Annie Justine Clara, « mon élève », que j’aurai l’occasion de suivre des processions en fanfare qui grimpent sur la colline d’en face. Annie m’explique qu’une fois par an, entre septembre et octobre, il y a ce que l’on appelle la cérémonie des morts, le famadihana. À Madagascar, les défunts ne sont pas enterrés, mais ensevelis dans un linceul. Ils reposent ensuite dans un tombeau. Lorsque les descendants le décident, les corps sont exhumés et les linceuls changés, pour ne pas qu’ils prennent froid. Gérard en profite pour m’expliquer tout le cérémonial autour de la mort et ses significations. Les méthodes ancestrales sont ici toujours respectées et bien au-delà, mais à priori plutôt en campagne qu’en ville. Chaque étape de la vie prend en compte les défunts de la famille. La construction d’une maison doit d’abord débuter par une offrande: on verse du rhum ou du toaka gasy (alcool local) sur la terre à bâtir pour que les défunts s’en repaissent et ainsi protègent la construction et les gens qui y vivront. Annie nous explique que sa tante est l’une des défuntes concernée par le famadihana que l’on entend et me propose de l’y accompagner. C’est la grande fête, deux à trois jours durant, un orchestre installé sur les tombeaux joue pendant que les gens, familles des défunts et voisins chantent, dansent, mangent et boivent. Les corps sont sortis des tombeaux, ils dansent au-dessus de nos têtes avant d’être changés de linceul, puis on leur offre des offrandes.

Ce fût une expérience pour le moins . . . déroutante, dont je me souviendrai longtemps . . . !


Et tourisme . . .

Après deux semaines et demi sur place, et avec les conseils avisés de Bodo et Gérard, peu rassurés de me laisser partir seule, je m’en vais sur les routes du Sud découvrir pour commencer Morondava et la célèbre allée des Baobabs. Les trajets en taxi-brousse forment ma résistance à l’esprit Mora Mora malagasy (à traduire « tout doucement »), qui sera mon leitmotiv tout au long de la route. Les couleurs du parc de l’Isalo, son ambiance de western à la malgache ainsi que les plages idylliques d’Ifaty et la douceur des malgaches me laisseront des souvenirs mémorables.

Coucher de soleil à Ifaty.

Chemin de crêtes Parc de l’Isalo.

Maki Catta au Parc Anja – Province de Fianarantsoa

Valentine vous a fait partager ses rencontres lors de son voyage à Merimanjaka.
Nous la remercions pour ces mots et ces images. Et nous espérons vivement que cette lecture vous a apporté autant de plaisir qu’à nous.